L'institut des cartes et portulans

En l'an de grâce 2305 du Calendrier Impérial, Sa Majesté, l'Empereur Magnus le Pieux, nommait par décret Hans Hartmann responsable de l'Institut des Cartes et Portulans. Ce dernier était professeur d'histoire et de géographie à l'Université d’Altdorf, et le nouvel Institut n'était alors qu'un département de l'université. Cependant, sa collaboration de plus en plus étroite avec les guildes de marchands lui permit de prendre son indépendance par rapport à l'université. Aujourd'hui, l'Institut est un organisme indépendant qui possède des propriétés et des locaux dans d'autres villes, et qui entretient des relations aussi bien avec l'université et l'Empereur, qu'avec les marchands et les guildes.

But de l'institut

Lors de sa création, l'Institut se devait de créer une carte de l'Empire et ce afin de recenser toutes les routes et toutes les communautés humaines ou humanoïdes. L'Empereur voulait alors obtenir un inventaire des ressources humaines de l'Empire; une carte couplée avec un recensement aurait permis un meilleur contrôle des ressources, du paiement des impôts, et une meilleure connaissance du terrain.

A cette époque seules les grandes villes et les grands axes commerciaux étaient sous le contrôle de l'état. Grâce aux diverses cartes fournies par l'Institut, l'Empereur pouvait faire reconnaître son pouvoir dans les marches de l'Empire, pour peu qu'elles fussent portées sur les cartes. Evidemment, il y apparaissait, de temps en temps, des zones vierges, des territoires peu connus ou totalement inconnus. L'Institut se fit alors un devoir d'envoyer des expéditions armées pour reconnaître le terrain et y tracer les cartes. Les guildes de marchands y virent tout de suite un avantage, l'Institut pouvait ainsi leur fournir des cartes, et leur permettre d'ouvrir de nouvelles voies commerciales ou de nouveaux comptoirs.

Peu à peu, alors que l'Empire était totalement cartographié, l'état fournissait de moins en moins d'argent à l'Institut, mais les marchands achetaient des cartes et finançaient les expéditions.

De nos jours, l'Institut travaille plus avec des particuliers qu'avec l'état. Cependant ses employés se recrutent toujours parmi les milieux universitaires ou dans l'Administration Impériale, du moins en majorité.

La carte est une représentation du terrain, elle comporte les points cardinaux, les différentes routes et chemins d'importance, les lieux d'habitation, des repères géographiques (montagnes, rivières, carrières...), et le plus important: la date de création. En effet si une carte date d'avant la grande peste, ou d'un quelconque événement de même importance, il est fort probable que quelques villages aient disparu, de même une carte datant de deux siècles ne représentera pas des villages ou des routes construites depuis lors.

Le portulan représente les côtes et les étendues maritimes, il sert surtout pour la navigation maritime, on peut y voir les points cardinaux, le contour des côtes, les ports, les écueils ou hauts fonds, et pour les meilleurs, les vents dominants ou les courants marins peuvent y être notés. De même que pour les cartes, la date y apparaît, et selon l'ancienneté, les cartes sont plus ou moins fausses. Il est à noter qu'il existe un dérivé des portulans servant pour la navigation fluviale.

Les Employés

Ils sont répartis en deux types, les "temps pleins" et les occasionnels.

Les "temps pleins" travaillent, comme leur nom l'indique, à plein temps. Ils sont généralement chargés du travail administratif; ce sont les copieurs qui fournissent des doubles des cartes, les clercs qui s'occupent de la comptabilité, et les employés divers - du coursier au serviteur. Mais l'Institut recrutent aussi des érudits ou des cartographes, ces derniers ont souvent deux emplois, un à l'université comme professeur ou dans une guilde de marchands comme conseillers et l'autre à l'institut: ce sont des gens surchargés et très demandés.

Les occasionnels travaillent sous contrats, ce sont généralement des explorateurs ou des mercenaires. Ils travaillent dans les locaux de l'Institut ou plus généralement il sont recrutés pour des expéditions. L'Institut recrutent aussi tout un personnel spécialisé pour celles-ci, du guide aux marins en passant par les sorciers.

Le Fonctionnement

Toute personne désireuse de consulter les cartes doit payer un droit de consultation. On peut aussi acheter des cartes à des prix exorbitants (l'Institut a une très bonne réputation et a surtout le monopole). Ce sont des copies réalisées par l'Institut, les originaux étant interdits de sortie et même de consultation, sauf si l'on possède un sauf-conduit signé par le directeur de l'Institut. Les guildes de marchands, l'état et les universités financent de temps à autre les expéditions. L'Institut effectue un devis selon les demandes de ses clients, puis, si ces derniers sont d'accord, elle prépare l'expédition, recrute les membres, et enfin présente la note (salée).

Préparation d'une Expédition

La préparation d'une expédition suit un processus immuable.

Tout d'abord, les commanditaires viennent s'adresser au directeur de l'Institut, afin de déterminer le but et l'importance de l'expédition. On peut ainsi déterminer trois grandes classes:

Les Expéditions Marchandes

Il s'agit simplement de faire parvenir à sa destination finale une compagnie de marchands et tout le matériel qu'elle transporte. L'Institut fournit les cartes et les guides, parfois même une escorte. Les guildes de marchands s'occupent des fonds et des assurances. Bien entendu, les risques encourus par l'expédition dépend de la destination et des régions traversées - l'Institut fournit les renseignement et les conseils, mais le choix de la route dépend des marchands. Ce type d'expédition est la plus utilisée.

Les Expéditions de Reconnaissance

Le pays est déjà reconnu, il existe des cartes (peut-être incomplètes). Une force armée est nécessaire mais non obligatoire, on peut en évaluer les risques et les périls. Des voies de communication existent, bien qu'elles aient pu être abandonnées ou qu'elles soient en mauvais état. Il s'agit soit d'ouvrir de nouvelles routes commerciales ou de nouveaux comptoirs, soit de reconnaître une région par demande de l'Empereur ou de nobles souhaitant agrandir leurs domaines.

Les Expéditions en Pays Inconnus ou Dangereux

Ce sont les plus risquées, les cartes sont inexistantes ou incomplètes, les aléas du voyages sont nombreux - Brigands, hommes-bêtes du chaos, tribus orques... Les chemins sont, quant à eux, quasi-inexistants. Elles sont entreprises pour les mêmes raisons que ci-dessus. Bien entendu, les dangers sont beaucoup plus élevés dans ce cas, et donc le coût de l'expédition est d'autant plus élevé. Après avoir décidé du coût d'une telle expédition, le responsable de l'Institut charge le comptable de réunir la somme et procède à la nomination du chef de l'expédition et d'un cartographe. A eux de réunir les personnes indispensables à une telle entreprise.

Le chef de l'expédition recrute alors des gardes, parfois des aventuriers (pour leurs compétences spécialisées), un guide, un cuistot (souvent responsable du ravitaillement) et des personnes chargées des moyens de transport (marins, conducteurs de carriole...). Etant données certaines restrictions budgétaires, le chef de l'expédition recrute souvent des personnes polyvalentes: gardes sachant conduire un attelage, guide-cuisinier, etc.

 

Idées de scénarios

L'Expédition Maudite

Les PJs sont contactés par l'Institut pour servir d'escorte à une expédition d'exploration dans les Monts du Milieu. L'expédition regroupe une dizaine de mules portant le ravitaillement et le matériel, un cartographe, un guide, et quelques mercenaires. Les dangers sont nombreux - aux attaques des brigands succéderont les hommes-bêtes du chaos, et autres mutants.

Passeront-ils la nuit dans cette caverne accueillante, entrée secrète des tunnels skavens? Et cet ancien village en ruines, surmonté d'une citadelle abandonnée, ne serait-elle pas le repaire d'une secte de Khorne, Dieu de la destruction? Et qu'elles sont ces incantations qu'on peut entendre, le soir, venant de la forêt? Pourquoi le guide s'est-il enfoncé dans la forêt la nuit dernière? Et, plus grave, qui s'est acharné sur le garde de la nuit dernière, au point de lui arracher les côtes?

Bref, un scénario plein de doute et d'angoisse, d'ombres et de bruits furtifs sous une lune gibeuse Et, qui sait si le cartographe n'est pas un adepte de Tzeentch qui va sacrifier nos valeureux aventuriers sur un autel ensanglanté?

Trahison ! ! !

Un PJ, de préférence noble ou gentilhomme, hérite d'une propriété Stirlandaise, appartenant à un parent éloigné aujourd'hui décédé dans des circonstances mystérieuses. Bien entendu, le PJ ne connaît pas la région dans laquelle se trouve cette merveilleuse propriété, avec un superbe manoir gothique la dominant. Avant de partir, un rapide passage à l'Institut des cartographes, pourra situer l'héritage à Sylvania. Après un long et fastidieux périple, accompagné d'un guide-cartographe de l'Institut (ce n'est pas tous les jours qu'on peut cartographier les terres des antiques comtes vampires), ils seront accueillis par le majordome de feu le Comte Vladimir von Hallen.

Note pour le MJ: Monsieur le Comte et le majordome ne font qu'un et l'héritage n'est que prétexte à attirer de naïfs aventuriers, car le Comte est bien entendu un vampire (digne de ce nom ou d'opérette, à la discrétion du MJ), et la région est pauvre en chair fraîche.

Au Vol ! ! !

Les PJs achètent une carte à un explorateur qui se dit mandaté par l'Institut, cette carte mènerait à un trésor. Bien entendu, la carte est fausse, et à l'arrivée ils tomberont dans une embuscade préparée par les complices du faux cartographe. Qu'ils s'en tirent sans dommages, ou qu'ils se retrouvent sans un sou et à moitié nus, il y a de fortes chances qu'ils aillent se plaindre à l'Institut pour escroquerie. On leur répondra alors qu'ils ne sont pas les seules victimes, et qu'ils ne peuvent espérer aucun remboursement, par contre une forte récompense est offerte pour la capture des escrocs qui nuisent à la bonne réputation de l'Institut.

Au Secours ! Un Démon !

Au cours d'un de leurs nombreux voyages, les aventuriers sont pris à partis par des villageois armés de fourches, de bâtons et de piques. Après quelques explications, ou quelques coups suivant la moralité des PJs, ils apprendront qu'un démon aurait survolé leurs villages un peu plus tôt, et auraient tenté de les attaquer. Grâce à la sagacité de leur chef, ils ont réussit à repousser l'immonde créature à coup de flèches. Le démon se serait enfuis en hurlant, touché à mort, pour aller mourir dans la forêt, et depuis quelques heures, les villageois le recherche pour l'achever. Une fois au village, ils seront présentés au chef, un grand gaillard taciturne, qui leur demandera de participer au recherches. Au même moment, des villageois entreront dans le village en poussant un nain et un halfeling, et les dénonçant comme des démonistes, et aux accusations succéderont rapidement les menaces comme : "au bûcher".

Note pour le MJ :Le nain est un cartographe, du nom de Léopold, chargé de cartographier la région, et le halfeling est son assistant. Quant au Démon, il s'agit simplement d'une montgolfière prêté par un ami inventeur à Léopold. Aux joueurs de faire la lumière sur ce drame, et de sauver les deux malheureux. Ceux-ci se montreront sans nul doute reconnaissants, et un ami cartographe peut toujours servir.

Plan et description de l'Institut des cartes et portulans d'Altdorf

L'Institut d'Altdorf est situé non loin de l'université, le quartier est fréquenté surtout par des érudits, des étudiants et des bourgeois. La nuit les patrouilles de garde y sont peu fréquentes, et on peut rencontrer des étudiants faisant la fête dans les auberges ou dans la rue.

1- Le bureau d'accueil: quelques sièges, un comptoir, on pourra vous y renseigner sur les prix et les modalités de fonctionnement de l'Institut. Sur le mur du fond, sont affichés les expéditions en préparation, et diverses petites annonces.

2- Le bureau du directeur de l'Institut, chichement décoré, un bureau impressionnant trône au milieu de la pièce, surchargé d'une non moins impressionnable piles de livres, parchemins et autres paperasses. Un escalier mène à l'étage supérieur. C'est ici que le directeur de l'Institut, Wolfgang Heinliger reçoit les aventuriers. C'est un homme de petite taille, chauve et affublé de ridicules binocles, il a environ la cinquantaine, très sympathique. Il accueillera très chaleureusement d'éventuels clients.

3- Le bureau des expéditions. Il règne dans ce lieu une atmosphère d'urgence: plusieurs bureaux surchargés de papiers, où travaillent laborieusement des fonctionnaires, des coursiers courant dans tous les sens, des marchands et autres bourgeois venant réclamer leurs dus ou signer un contrat important.

4- Le bureau de consultations des cartes et portulans. C'est une grande pièce bien éclairée, de grandes fenêtres laissent entrer la lumière du jour, et des lampes à huile ou des chandelles sont disposées un peu partout. Des tables, des lutrins forment le seul mobilier de la pièce. Des cartes de l'Empire sont accrochées aux murs, des plumes et des encriers sont disposés un peu partout. C'est ici que les scribes recopient les cartes et que les cartographes font leurs recherches. Seules les personnes autorisées peuvent entrer ici.

5- Le bureau des comptables. Un exemple d'organisation et de rangement, des bibliothèques contiennent les différents contrats et autres devis demandés par le bureau des expéditions. Au fond de la pièce se trouve un coffre, où sont rangés les fonds de l'Institut, les lettres de créances auprès de l'Empereur, des guildes de marchands ou de l'université, ainsi que des rapports particulièrement importants.

A- Les Archives. C'est ici, dans le rez-de-chaussée de la tour, enfermés à double tour, que se trouvent tous les originaux des cartes de l'Institut. Il n'y aucune fenêtre, et seul le responsable de la bibliothèque possède les clés de cet endroit.

B- La Bibliothèque. Elle renferme tous les doubles des cartes, où ils sont rangés par ancienneté. Lorsqu'on désire consulter des cartes, il faut d'abord s'adresser au directeur de l'Institut. Si celui-ci donne son accord, un comptable effectuera un devis de vos demandes, avec un bon pour le responsable du jour de la bibliothèque, ce dernier ira chercher les cartes demandées, et les apportera en salle de consultations. Attention, il est formellement interdit d'écrire, de détériorer, ou d'emporter les cartes, si vous le désirez, et pour une somme modique (50 CO) un scribe pourra vous fournir un double de la carte.

Il est a noter que la seule entrée pour la salle des archives se trouvent dans la bibliothèque, via une trappe fermée par un solide cadenas.